COMMENT L’ECONOMIE AMERICAINE EST REDEVENUE UNE LOCOMOTIVE MONDIALE

economie usaLa bonne nouvelle, c’est que la zone euro est sortie de la récession à partir de la mi-2013 et qu’elle va donc renouer avec la croissance cette année après deux années dans le rouge. La mauvaise, c’est qu’il s’agira probablement d’une reprise anémique, qui ne suffira pas à résorber efficacement un chômage atteignant 12,5 % de la population active, ni la dette, qui poursuivra sa crue. Les dernières enquêtes menées auprès des directeurs d’achats sont plutôt encourageantes : l’activité manufacturière a progressé en décembre à un rythme sans précédent depuis près de trois ans, surtout en Allemagne et en Italie où les créations d’emplois et les nouvelles commandes semblent bien augurer de la reprise en 2014, indique la société Markit. En France, cependant, quatre des cinq composantes de l’indice PMI sont en recul, dont les nouvelles commandes. Au-delà de ce rebond de fin d’année, l’activité dans la zone euro devrait rester hésitante au cours des prochains mois. La croissance moyenne ne devrait pas y dépasser 1,1 % cette année, même si l’immense majorité des pays de la zone euro verra le retour de la croissance. Seuls Chypre et la Slovénie devront encore subir un recul de leur PIB. «  On attend encore des pays en crise qu’ils démontrent clairement que la baisse relative des salaires génère un redémarrage tiré par les exportations ou bien que l’austérité débouche sur un allégement du fardeau de la dette  », s’impatiente Paul Krugman, dans le « New York Times » du 1er janvier.

 

Japon

japonLa croissance de la troisième économie mondiale, qui caracolait à 4 % en rythme annuel au premier trimestre de l’année dernière, est retombée depuis lors comme un soufflet. Elle n’aura pas dépassé finalement 1,8 % en 2013 (une performance toutefois sans équivalent depuis… quinze ans) et ne dépassera pas 1,6 % en 2014 selon le gouvernement. Les exportations japonaises ont souffert d’une moindre demande de la part des pays émergents. La hausse des coûts de l’énergie a aussi grippé la machine. Quant à la consommation des ménages, elle ne progresse quasiment plus depuis juillet. Les effets de la « seconde flèche » des Abenomics, la relance par des dépenses publiques orientées vers les chantiers publics, notamment dans la région de Fukushima, s’épuisent. Le gouvernement a, certes, promis une troisième flèche (la première correspond à une politique monétaire très accommodante), plus délicate à tirer, une vaste dérégulation des secteurs protégés de l’économie. Dérégulation encore au point mort devant l’opposition des lobbys.

 

Etats-Unis

 L’Amérique redevient l’une des locomotives de la croissance mondiale. Son PIB devrait progresser dans une fourchette de 2,8 % à 3,2 % l’an prochain. Les entreprises n’ont jamais dégagé autant de profits depuis 1947, année où le gouvernement a commencé à agréger les données. Ils dépassent de près de 9 % ceux de 2012. La production industrielle retrouve son niveau d’avant-crise, battant même le record de décembre 2007. Cette progression, qui tient beaucoup à la faiblesse du prix de l’énergie aux Etats-Unis grâce au gaz de schiste, confirme la divergence de trajectoire avec la zone euro. Les constructeurs automobiles n’ont jamais exporté autant de voitures qu’en 2013 (2 millions). Les ménages commencent à récolter les fruits de la reprise : le chômage est retombé à 7 %, un plus bas depuis cinq ans. Seul point noir : l’inflation reste historiquement basse, ce qui laisse planer le spectre d’une déflation à la japonaise.

 

 Source : www.lesechos.fr

Auteurs : Catherine  CHATIGNOUX  et Yves  BOURDILLON