DES SALARIES DU SERNAM SEQUESTRENT LEURS DIRIGEANTS

Pour protester contre leur prochain licenciement, des employés du site de Miramas, dans les Bouches-du-Rhône, retiennent depuis mercredi 21 mars leur directeur et leur DRH.                       

Le conflit se radicalise au Sernam. Des salariés du site de Miramas, dans les Bouches-du-Rhône, séquestrent depuis mercredi après-midi leur directeur et leur directeur des ressources humaines (DRH), a confirmé ce jeudi la direction du groupe de messagerie et de transport express.

Une vingtaine de salariés du transporteur en redressement judiciaire protestent de cette façon contre leur futur licenciement. «Nous sommes 48 employés sur le site, sans compter les intérimaires et les sous-traitants, et nous allons tous perdre notre emploi. Personne ne nous écoute, cette action est un appel au secours, un baroud d’honneur», a expliqué à l’AFP Nicolas Boborykine, l’un des salariés concernés.

Selon Maxime Dumont, secrétaire général à la CFDT, une troisième personne, le chef de l’agence de Miramas, serait également séquestrée. «Ces trois dirigeants étaient présents la semaine dernière à la manifestation organisée devant le ministère des Transports», s’étonne le syndicaliste, qui précise que cette initiative a été prise par les seuls salariés, indépendamment de toute organisation syndicale.

Amende

En redressement judiciaire depuis la fin du mois de janvier, le groupe Sernam, ex-filiale de la SNCF privatisée en 2005, espère être repris. Seul Geodis, une filiale de la SNCF spécialisée dans la logistique, a pour l’instant déposé une offre de reprise partielle du groupe, conjointement avec BMV. Cette offre prévoit le maintien de 820 emplois sur les 1.600 actuels. Les salariés du site de Miramas n’en feraient notamment pas partie.

Cette offre est cependant fragilisée par un conflit entre Sernam et le régulateur européen. La Commission européenne réclame le remboursement de 642 millions d’euros d’aides illégales versées par l’État français peu avant la privatisation du groupe. Une facture que Geodis ne souhaite pas payer: l’entreprise logistique a bien précisé que l’exécution de son projet de reprise était subordonnée «à la condition qu’il ne puisse être un débiteur de substitution». En clair, Geodis ne reprendra pas Sernam si cela implique le paiement de ces 642 millions d’euros.

Reclassement

Le gouvernement a fait savoir mardi qu’il déposerait dans les prochains jours un recours contre la décision de la Commission. Il espère notamment obtenir que l’amende exigée ne soit pas automatiquement transférée au repreneur potentiel.

Qu’il y ait reprise ou non, l’avenir des salariés du Sernam qui seront licenciés fait l’objet de négociations avec les entreprises du secteur, pour un éventuel reclassement. «Lundi, nous organisons une table ronde avec les entreprises de la messagerie», précise Maxime Dumont. Si un reclassement au sein de la SNCF n’est pour l’instant pas à l’ordre du jour, l’entreprise publique n’étant plus propriétaire du Sernam plus de douze ans, plusieurs de ses filales pourraient en revanche se porter volontaires.

Source : Le figaro.fr