DIVERSITE: DES ENTREPRISES PAS TOUJOURS EXEMPLAIRES

Source : www.lexpress.fr

Signer une charte est bien beau. Mais encore faut-il que les souscripteurs ne laissent pas au placard leurs bonnes intentions. Depuis 2004, la Charte de la diversité en entreprise incite les dirigeants à adopter des politiques de ressources humaines permettant de lutter contre toute forme de discrimination. Sept ans plus tard, elles sont 3357 à s’être engagées, avec plus ou moins d’implication… 

Le Bilan diversité 2011, réalisé par Inergie-Pôle Opinion, révèle par exemple que seulement un tiers des entreprises appliquent l’ensemble des « fondamentaux » RH de lutte contre les discriminations sur le recrutement et l’évolution de carrière. 

« Les PME sont les plus mauvais élèves, puisque 20% seulement ont adopté la charte à la lettre, remarque Luc Vidal, directeur général adjoint du cabinet Inergie. C’est autant un problème de coût que de méthodes. » Des projets de kit à destination des PME, pour les aider à appliquer une plus grande diversité, sont d’ailleurs à l’étude. 

Le rôle de la loi

Les mentalités commencent toutefois à évoluer, notamment sous l’effet de la loi. « La légalisation joue un rôle important, surtout sur les critères de handicap, d’âge ou de sexe, explique Luc Vidal. L’embauche des minorités visibles n’étant pas incitée par la loi, il y a plus de résistance. » La Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) a été citée par trois sondés sur quatre comme la raison de cet engagement. 

Les signataires favorisent certains axes plutôt que d’autres. En tête, le recrutement. Près de trois-quarts des signataires sondés ont mis en place au moins un outil pour lutter contre la discrimination à l’embauche: descriptifs de poste, grilles d’évaluation des compétences, traces écrites des réponses aux candidats refusés… 

Un problème de mentalité

La gestion de carrière est le second cheval de bataille, en net progrès depuis un an: 71% des entreprises font une évaluation formalisée de chaque salarié, contre 57% en 2010. Mais les PME, justement, sont à la traîne sur ce point. Les actions de sensibilisation, des fournisseurs ou des clients, ainsi que le dialogue social sur cette thématique sont en progression, mais encore marginaux. 

Malgré ces évolutions, « la promotion de la diversité n’est pas suffisamment perçue comme un enjeu business, regrette Luc Vidal, à l’inverse de l’approche des pays anglo-saxons, pour qui l’enjeu éthique est au même niveau. » En un an, les signataires ont tout de même pris conscience des avantages à retirer de la Charte de la diversité. 43% pensent pouvoir ainsi améliorer leur image – contre 36% l’an dernier- et 41% y voient un bénéfice pour la gestion RH, soit 10 points de plus. Un quart envisage aussi une meilleure performance économique liée à une plus grande diversité. « C’est avant tout une question de culture », conclut le directeur général adjoint d’Inergie.