FACEBOOK ACCUSE DE METTRE SON NEZ DANS LES MESSAGES PRIVES

FacebookOn sait depuis plusieurs années maintenant que Facebook n’efface pas réellement les données personnelles qu’on lui demande de supprimer, qu’il collecte secrètement des infos sur les internautes non inscrits sur le réseau social … Et voilà qu’aujourd’hui, deux utilisateurs américains l’accusent même de «lire» leurs messages privés pour mieux revendre leur contenu aux régies publicitaires. «Contrairement à ses affirmations, les messages « privés » échangés sur Facebook sont systématiquement interceptés par la société pour connaître le contenu des communications de ses utilisateurs», affirment Matthew Campbell et Michael Hurley, les plaignants, qui ont déposé un recours en nom collectif contre Facebook.

 

A l’inverse des messages laissés sur le «mur» (ou le «journal») des utilisateurs, visibles par la totalité de leurs «amis», les messages privés sont destinés à être lus uniquement par leur destinataire. Or, lorsqu’un utilisateur «écrit un message auquel il ajoute un lien vers un site internet (une URL), la société analyse le contenu du message, le lien internet et recherche des informations qui permettent de dresser un profil de l’activité en ligne  de la personne qui a écrit le message», estiment Campbell et Hurley. Comment le savent-ils ? Mystère.

 

En 2011, des étudiants autrichiens en droit avaient découvert plusieurs travers fâcheux de Facebook en lui demandant tout simplement un accès à l’ensemble des données que le réseau social stockait sur eux (la loi européenne les y autorise). Ils avaient reçu en retour un dossier de 1222 pages, révélant à la lecture une connaissance ultra-détaillée de leur vie privée grâce aux centaines de données collectées par Facebook.

 

Matthew Campbell et Michael Hurley ont déposé plainte (dont l’AFP a obtenu copie) cette semaine devant un tribunal de Californie, où Facebook est basé. Ils accusent le réseau social de compiler les données des utilisateurs à leur insu et de tirer profit de ces données «en les partageant avec des tiers : des annonceurs, des sociétés de marketing et autres agrégateurs de données». Ces pratiques, pensent-ils, violent la législation régissant la confidentialité des communications électroniques.

Les paramètres de confidentialité sur Facebook et le respect de la vie privée sont parmi les questions les plus sensibles sur le fonctionnement du site, qui revendique dans le monde 1,2 milliard d’utilisateurs. En mai de l’année, une étude réalisée par l’institut Pew en collaboration avec le Centre Berkman de l’université Harvard montrait que les adolescents américains partageaient de plus en plus d’informations personnelles sur les réseaux sociaux comme Facebook, mais qu’ils faisaient en sorte de protéger leur vie privée.

Source : ecrans.liberation.fr

Date de publication : vendredi 24 janvier 2014