LE BILAN PROFESSIONNEL N’EST PAS UN LUXE

Le bilan professionnel n’est pas un luxe mais un moment clé dans sa vie professionnelle

Le bilan est à l’initiative de la personne qui éprouve le besoin de faire le point sur ses compétences, ses aspirations, ses ressentis du moment avec un professionnel de l’échange, du fonctionnement de l’être humain et de la mobilité professionnelle.

Le bilan est une action de développement personnel et professionnel qui s’effectue avec un psychologue du travail, dans le respect de la déontologie propre à la profession. L’écoute, la bienveillance,  la totale ouverture à la vie de l’autre, sans jugement, est une condition de bon fonctionnement et le fondement même de l’alliance avec le professionnel. Sans confiance, aucun lâcher-prise n’est possible. Et nous savons tous combien sortir de sa carapace, briser les verrous qui nous font tenir debout, remettre en question nos croyances, nos certitudes, nos peurs est difficile. Se mettre à nu est compliqué et néanmoins … incontournable.

Ce bilan est à distinguer du bilan d’étape professionnel qui a été rendu obligatoire par la loi relative à l’orientation et à la formation professionnelle continue du 24 novembre 2009 et qui est organisé au sein de votre entreprise si vous êtes salarié.

 

Le bilan : une reconnaissance de soi

Le bilan peut être considéré comme un décryptage de soi dont le but est, primo, d’accéder à son moi authentique et secundo, de se projeter dans un futur en cohérence avec soi. Ce cheminement est guidé et enrichi par un regard extérieur, celui du professionnel.

S’engager dans un bilan, c’est éprouver le besoin d’être honnête avec soi, d’être prêt à accueillir sa vulnérabilité et enfin, de s’aimer tel que l’on est. La capacité de se rencontrer en profondeur et de s’accepter, avec ses forces et ses faiblesses, permet d’en finir avec la culpabilité. La connaissance de soi lucide et consciente mène à l’acceptation de soi sans faux-semblants et permet d’avancer. S’aimer soi-même est le socle de l’humilité, de la sérénité et de la relation. La question est : comment aimer l’autre si on ne s’aime pas soi-même ? Dans le mythe de Narcisse, ce dernier n’a pas compris que cet autre dont il admirait les traits parfaits était lui. Même quand il a réalisé qu’il avait passé son temps à s’admirer lui-même, il est mort de tristesse, touchant le fond de la rivière pour renaître en une fleur pure et précieuse. Toucher le fond de soi, aussi difficile que cela puisse être, permet une reconnaissance de soi.

Ne pas confondre connaissance lucide de soi et « hyper narcissisme ».

Le distinguo a son importance. En effet, on peut avoir des réticences à s’engager dans un travail sur soi par peur de paraître nombriliste : « Dépenser du temps et de l’argent pour me regarder le nombril non merci, ce n’est pas pour moi ! » Être narcissique n’est pas socialement acceptable.

Or, parler de soi, mettre des mots (maux) sur soi n’est pas un projet narcissique futile.

Le narcissisme est le fondement de notre identité. C’est parce que nous avons été reconnu comme précieux que nous pouvons nous aimer et aimer autrui. L’écueil dans cette histoire est que l’on confond la connaissance lucide de soi (narcissisme sain) avec l’orgueil mortifère ou la faille narcissique des personnes extrêmement prétentieuses ou pire, des personnes perverses narcissiques.  Attardons-nous sur ces dernières. La personne perverse narcissique est en mode « survie » : elle  vise par tous les moyens à démontrer sa supériorité parce qu’elle se sent fondamentalement inférieure.  L’autre est un objet ; l’autre est le crayon qui la dessine tous les jours ; l’autre est au narcissique ce que la chair humaine est au zombie, donc si l’autre n’est pas là pour la nourrir, elle n’est plus ; l’autre lui permet de sauver sa peau. C’est dire combien cet individu peut-être redoutable et dangereux …

«Le bon narcissique est dans une relation apaisée avec lui-même. Il vit dans la capacité de s’aimer sereinement, sans regarder sans cesse les horloges du temps qui passe et les miroirs» Hélène Vecchiali, consultante en Ressources Humaines, psychanalyste, coach de dirigeants.

Dans le bilan, le projet narcissique est une reconnaissance de soi  ET de l’autre : on s’autorise à se rencontrer pour de bon et on crée le terreau nécessaire pour une véritable rencontre. Dans son livre  «Sauvez votre peau !», le philosophe Fabrice MIDAL réhabilite l’amour de soi comme ouverture vers l’autre. Rien de nouveau  pensez-vous ? En effet, les écrits sur le sujet ne manquent pas depuis la célèbre phrase de Socrate « Connais-toi toi-même ». Oui mais … le livre de ce pionnier de la psychologie positive est sorti en janvier 2018 et un critique de presse le décrit comme « un plaidoyer vibrant, iconoclaste et presque punk pour réhabiliter d’urgence l’amour de soi-même… » … on ne peut pas passer à côté !

Pour poursuivre cette réflexion et l’illustrer, l’ interview de Fabrice LUCHINI sur « la relation à l’autre et la connaissance de soi » :

 

Extraits :

 « Tu n’as de sympathie avec l’autre que ce que tu as accepté de sympathie avec toi … une véritable sympathie pas une relation mondaine … ça c’est autre chose … ça c’est une ivresse […] »

« Mon affection pour l’autre ne peut pas ne pas dépendre de ce que j’ai accepté d’aimer un peu en moi […] car si je ne connais rien du tout de moi et si je ne sais pas qui je suis, je vais être dans un tel état d’incertitude, de non-présence […]  que je vais rien voir dans l’autre car je ne vais voir dans l’autre qu’une confirmation de moi ; je vais l’utiliser, l’instrumentaliser pour en faire un spectateur et non pas une rencontre […] Quand les gens disent « mais moi, je ne peux pas vivre sans les autres […] » dis que tu as besoin d’écho de toi et que tu utilises l’autre comme un spectateur, tu le réduis […] ça va en sens unique.  Tu vas chercher l’autre uniquement pour te confirmer dans ce que tu es et tu utilises son soleil

pour te chauffer à son erreur ».


Les différentes étapes du bilan

La trame ci-dessous est indicative et s’ajuste aux attentes et aux besoins du client.

Séance 1

Analyse du parcours professionnel 1 : travail à partir du CV

> déroulement de la carrière du client et de son parcours de vie,

>  identification des compétences et des qualités inhérentes aux emplois occupés

> compétences identifiées et reconnues par le client,

⇒ échanges avec le consultant : travail de reconstruction et de reconnaissance du parcours professionnel

Passation des tests Tests de base :

– test de personnalité : NEO PIR

– test d’intérêts professionnels : IRMR – Typologie RIASEC de Holland

– questionnaire des valeurs professionnelles : QVP de SUPER

– inventaire des valeurs interpersonnelles : SIV de Gordon

– questionnaire des besoins de Maslow

En fonction du profil et des attentes du client, d’autres questionnaires ou tests peuvent être proposés : test de leadership, questionnaire de flexibilité managériale, etc.

Séance 2 Analyse du parcours professionnel 2 :

> poursuite du travail sur les postes occupés et les compétences valorisées par le client

> exploitation des fiches métiers (Fiches ROME de Pôle emploi) et sites spécialisés

> échanges avec le consultant : forces, points de vigilance, définition des environnements de travail adaptés au client …

Séance 3 Analyse du profil professionnel du client :

> présentation des résultats des tests

> présentation du profil professionnel et de la cible des métiers correspondant au profil du client

 

⇒ Échanges avec le consultant : travail sur la connaissance de soi,  ses forces et ses fragilités,  ses zones de confort et d’inconfort, ses aspirations.

Séance 4

· Pistes de projet (s) : quoi, où, quand, comment, pourquoi, combien ? Réponses à apporter sur chacune des pistes identifiées

 ==> démarrage de l’étude de faisabilité de chaque piste

 

Séance 5

Ciblage du/des projets professionnels et soutien du consultant en fonction des besoins et des attentes de son client :

· Débriefing sur les actions menées par le client

· Mesures correctives, choix des projets, étude de faisabilité suite ou aide à la recherche d’emploi ou montage d’un dispositif de formation …

· Contact entreprises, dépassement d’une problématique rencontrée …

Séance 6 Formalisation du projet professionnel et plan d’action :

· Clarification du /des projets retenus

· Définition d’un plan d’action, court terme, moyen terme et long terme,

Un document de synthèse est remis au client au fil des séances.

 

Les temps du bilan

Pendant toute la durée du bilan, le client bénéficie du soutien du professionnel dans ses démarches et son positionnement : réponses aux courriels, entretien téléphonique à la demande du client, contacts organismes ou entreprises, etc.

 

Le rythme du bilan est différent d’une personne à une autre. En général, les séances 4, 5 et 6 sont assez espacées dans le temps. Cela permet d’une part de réaliser des démarches utiles à la construction du projet mais également de réaliser une prise de recul indispensable sur le travail déjà réalisé (mûrir la réflexion, l’intérioriser …).

 

 

  • Temps de travail avec le professionnel (en face à face) : 12 heures environ
  • Temps de travail personnel et démarches : variable suivant les attentes du client et la complexité des projets. Compter environ 12 heures.
  • La durée totale du bilan varie de 2 à 4 mois.
  • Il se déroule à distance via Skype ou au cabinet d’Alès Immeuble Le Liner 1655 Chemin de Trespeaux 30100