LE TRANSPORTEUR SERNAM AURA-T-IL UN REPRENEUR ?

Le transporteur Sernam (1.600 salariés) a été placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Nanterre avec une période d’observation de six mois.

Ancienne filiale de la SNCF, la Sernam est aujourd’hui détenue à 80,32 % par la société d’investissements Butler Capital Partners (BCP).*

« La procédure de liquidation judiciaire, déclenchée à la demande de Sernam, va permettre à l’entreprise de poursuivre son activité dans un cadre juridique sécurisé », a déclaré la direction de Sernam dans un communiqué. « Sernam continuera donc chaque jour à prendre en charge, trier, transporter et livrer les envois de ses clients en France et en Europe, dans les conditions habituelles de sécurité, de délai et de suivi », a-t-elle ajouté.

La Sernam, ancienne filiale de la SNCF, a enregistré une perte de 15 millions d’euros en 2010 pour un chiffre d’affaires de près de 300 millions d’euros. L’exercice précédent s’était soldé par un déficit d’exploitation de 20,1 millions d’euros pour un volume de ventes de 329 millions d’euros.

Un repreneur serieux mais sous condition

Geodis, filiale de la SNCF, est le seul à avoir déposé une offre qui permettrait le maintien de 826 emplois sur les 1600 de l’entreprise. Cependant, son offre est conditionnée au fait que Geodis n’ait pas à rembourser les aides publiques versées dans le passé à Sernam.

Décision de la Commission Economique de Bruxelles : 642 millions d’euros d’aides à rembourser 

La Commission européenne a imposé que l’Etat français récupère les 642 millions d’aides illégales versées au transporteur Sernam de 2001 jusqu’à sa privatisation en 2005, « un avantage économique indu » pour la Commission.

La CE explique qu’après une enquête approfondie, elle a conclu que « les conditions encadrant son autorisation d’une aide à la restructuration de 503 millions d’euros en faveur de Sernam n’ont pas été respectées et que l’aide est donc incompatible avec les règles de l’UE relatives aux aides d’Etat ».

L’enquête a également révélé que « la privatisation de Sernam a donné lieu à de nouvelles aides pour près de 100 millions d’euros », qui « s’ajoutent aux 41 millions d’euros d’aides jugées incompatibles dans une précédente décision d’octobre 2004 et qui n’ont pas été récupérés à ce jour ». Selon la Commission, « toutes ces subventions ont conféré un avantage économique indu à Sernam par rapport à ses concurrents » et constituent donc une distorsion de concurrence.

La France envisage un recours

Le gouvernement a annoncé qu’il envisageait un recours contre la décision de la Commission européenne. Le ministre des Transports Thierry Mariani a indiqué que « les autorités françaises ne partagent absolument pas l’analyse de la Commission européenne dans ce dossier ». « Nous considérons que les conditions d’aide à la restructuration de Sernam ont été respectées », a-t-il déclaré à l’AFP, précisant que ses services allaient « étudier la possibilité d’un éventuel recours.

En pleine campagne électorale, le dossier Sernam, comme celui de Florange ou de Lejaby, est suivi de très près par les pouvoirs publics. 

 Revue de presse : Axis And Search Consulting

* Walter Butler est le Président et fondateur de Butler Capital Partners, une société française d’investissements spécialisée dans les opérations de LBO et de retournement.