« METTRE SES TRIPES SUR LA TABLE » EST UNE QUALITE ESSENTIELLE POUR FEDERER ET ENTRAINER SES EQUIPES

 MECANIQUE DE LA DECISION Montrer son émotion est souvent considéré comme une preuve de faiblesse, tout particulièrement si c’est un homme qui la laisse poindre. C’est un héritage d’une conception de la virilité à l’ancienne, qui interdisait aux garçons de pleurer. Montrer ses émotions était alors réservé au « sexe faible ». Les choses ont évolué, mais il en reste des traces : nos émotions nous font peur et nous essayons de les cacher aux autres, et parfois à nous-mêmes.

 

Regardons les choses autrement : ce ne sont pas nos émotions qui nous trahissent, mais c’est nous qui trahissons nos émotions. Elles ne sont que résonances sensitives de notre être intérieur face à la réalité. Nous ne les écoutons pas assez et, parfois, nous les étouffons en les mettant sous couvercle en mode «Cocotte Minute». Mais la pression monte … De temps à autre, nous « sortons la vapeur » pour éviter que la « cocotte » n’explose, mais le reste du temps, « ça » bout en nous faisant souffrir, alors que nous sourions et mimons une situation de parfaite maîtrise des choses. Il résulte de cette forme d’autolobotomie que les deux cerveaux, le gauche, le cartésien, et le droit, l’émotionnel, ne communiquent plus ensemble.

 

Une autre façon de trahir nos émotions est de les déguiser en les « anoblissant ». Un homme qui clame sa colère ne s’avoue même pas à lui-même, qu’en réalité il a tout simplement peur. Nous pensons encore que si nos émotions étaient perceptibles, elles nous décrédibiliseraient. Or le leader, homme ou femme, pour être suivi, a impérativement besoin d’exercer un impact émotionnel, sans quoi il ne peut pas être cru(e). La capacité à « mettre ses tripes sur la table » est une qualité essentielle pour fédérer et entraîner les équipes. Un leader qui met au service de son entreprise son seul cerveau gauche et qui se focalise uniquement sur l’explication logique des objectifs appartient au passé.

 

Vous avez laissé poindre votre émotion, c’est l’occasion idéale de recourir au self marketing. Et de dire : « Moi, j’ai mon « ordi interne » non bridé, mes deux cerveaux, le gauche et le droit, échangent bien les infos et ont tous deux droit à l’expression !»

 

Auteur : Eléna Fourès « J’ai laissé poindre mon émotion, décrédibilisé(e)?»  La Chronique Les échos 05/2013

 

Pour plus d’informations : Sciences et Avenir – Décembre 2010 N°766