PARLER CHINOIS, L’ATOUT EMPLOI QUI FAIT LA DIFFERENCE?

Le chinois, langue de la deuxième économie mondiale et du premier pays exportateur de marchandises, est-il en passe de devenir le nouveau laissez-passer pour l’emploi ? 

Laure Von, directrice des projets internationaux et du projet Chine chez Areva, reconnaît que la candidature d’un sinophone retiendra davantage son attention: « A la lecture d’un CV, nous regardons le cursus de base, puis les langues. Si le fait de parler chinois n’est pas forcément déterminant, cela reste un facteur de différenciation notable. »  

Entrer en contact, créer de la confiance

Areva compte 400 employés en Chine, répartis sur douze sites, et une centaine d’expatriés, ingénieurs pour la plupart. Certains bafouillent encore la langue de la nouvelle puissance mondiale, mais tous doivent être capables d’adapter leur discours à la sensibilité et à la culture chinoise. « Nous ne demandons pas à nos employés de parler parfaitement chinois, mais ils doivent avoir le niveau pour entrer en contact et créer un lien de confiance avec nos partenaires », réagit Laure Von.  

Chez PSA Peugeot-Citroën, le premier constructeur automobile français installé en Chine depuis la fin des années 80, le chinois est aussi un atout séduction. 17.000 personnes travaillent au « Pays du milieu », dont 270 expatriés. Le chinois n’est pas encore hégémonique mais « c’est un plus », assure Annick Gentes-Kruch, directeur de l’université du Groupe PSA. « Même si la plupart des négociations se font en anglais, la langue de travail, le chinois est la langue de la vie sociale », complète la dirigeante. Et une langue d’avenir, dans une zone vouée à devenir la première en termes de croissance pour le groupe. Le China Technical Center de PSA, centre de recherche et développement installé à Shanghai, emploie 650 personnes. Le chiffre devrait, à terme, atteindre les 1000 collaborateurs.  

Déficit de compréhension

Lors du colloque national de lAssociation française des professeurs chinois et de l’association France Chine éducation qui s’est tenu vendredi, Yves Corcelle, directeur associé de Dragon Fly Group, entreprise de conseil en ressources humaines, a constaté le « sérieux déficit de compréhension de la Chine de la part des entreprises françaises ». En cause: une différence radicale entre nos cultures et notre manière de penser. 

Pour changer la donne, les entreprises s’adaptent. Chez Areva, des cours de chinois sont dispensés aux employés et à leurs familles avant leur départ. PSA va plus loin proposant une « ouverture culturelle » aux futurs expatriés: une formation aux codes et habitudes, des leçons d’histoire et de savoir-vivre sont ainsi proposées. 

L’incompréhension devrait aussi être corrigée par l’intérêt croissant des Français pour cette langue, et ce, dès le plus jeune âge. Jean-Pierre Lorenzati, président de l’association France Chine éducation s’en félicite: « En 2001, 4000 collégiens et lycéens étudiaient le chinois. Ils sont aujourd’hui plus de 32.000. On compte 10% de nouveaux inscrits cette année dans le secondaire. »

 

Source :   www.lexpress.fr