PENIBILITE : COURSE CONTRE LA MONTRE A L’UIMM – WK-CE

Pénibilité : course contre la montre à l’UIMM – WK-CE, portail d’informations et de solutions pour les comités d’entreprise

Date de publication :          Jeudi 1er Décembre 2011

Source :                             www.wk-ce.fr

Le délégué général de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), Jean-François Pilliard, court un sprint, les yeux rivés sur la date butoir du 31 décembre 2011 à partir de laquelle s’appliquera la pénalité de 1 % aux entreprises non couvertes par un accord ou un plan sur la pénibilité.

La menace pèse moins sur les grandes entreprises de la branche, qui ont pris leurs dispositions, que sur les PMI, lesquelles représentent les trois quarts du secteur. Pour l’heure, il ne s’est déroulé que deux rounds de négociation, les 28 septembre et 25 octobre derniers. Fort du défrichage effectué par un groupe de travail paritaire réuni par deux fois depuis le début de l’année, le négociateur en chef des industriels de la métallurgie prévoit de transmettre un avant-projet aux syndicats dès le 22 novembre, pour un tour de table approfondi le 1er décembre. L’UIMM espère aboutir lors d’un ultime rendez-vous, programmé le 21 décembre. Sur les volets santé au travail et risques professionnels, que Jean-François Pilliard met en avant, les discussions devraient se dérouler sans heurts. En revanche, elles risquent d’achopper sur le volet réparation. Les employeurs n’entendent pas l’inclure dans l’accord, malgré le forcing des organisations syndicales. Ces dernières viennent avec des « propositions réalistes », selon l’expression du représentant CFTC, Éric Cruchet. Le syndicat chrétien, appuyé par FO et la CGC, défend l’idée d’une indemnisation mutualisée. Concrètement, les employeurs cotiseraient un certain pourcentage du salaire, à un fonds géré paritairement. Le mécanisme rappelle celui qui s’applique à la formation professionnelle.

« Cela éviterait que le dernier employeur ait la charge de la pénibilité subie pendant toute une carrière », explique Éric Cruchet. De son côté, la CFDT réclame, en amont, la traçabilité des pénibilités au cours du parcours professionnel, ainsi qu’un diagnostic sur les situations de travail à risque. « Ce doit être la base de départ d’une politique de prévention », souligne Jean Mauriès, secrétaire général adjoint de la Fédération générale des mines et de la métallurgie (FGMM). Dans la foulée, son organisation demande la mise en place de préventeurs, dans le cadre d’un système régional, pour aider les petites entreprises à gérer les risques professionnels. Enfin, il suggère de créer un « compte repos compensateur pénibilités » (CRCP) qui ne concernerait pas uniquement le personnel de production, mais aussi les cadres utilisateurs de nouvelles technologies. À ce stade, l’UIMM se contente d’enregistrer les doléances, se sachant coincée entre les délais, très courts, et la difficulté de prendre au nom des PMI des engagements coûteux par ces temps de crise. De toutes les négociations de branche menées par Jean-François Pilliard, celle-ci s’annonce comme la plus délicate.

Gestion Sociale, N° 1711 du 03/11/2011