WEB 2.0 : LES EMPLOYEURS SOIGNENT LEUR IMAGE

Date de publication :          Jeudi 1er Décembre 2011

Source :                             www.lefigaro.fr

Les candidats l’ont bien compris : mieux vaut éviter de se montrer dans une situation compromettante sur Facebook lorsqu’on est en recherche d’emploi. Mais de plus en plus, les entreprises réalisent à leur tour que leur image de recruteur est également exposée sur les médias sociaux comme ­Facebook, Twitter ou LinkedIn, plates-formes de discussion autant que de mise en relation. Pour elles, il s’agit désormais de soigner leur «marque employeur» sur ces plates-formes, voire d’exploiter la puissance des réseaux sociaux pour faciliter le recrutement. Ces nouvelles pratiques seront à l’honneur de la conférence RMS (Recrutement Médias Sociaux) organisée le 24 novembre prochain à Paris.

«Qu’ils le veuillent ou non, les médias sociaux s’invitent à l’agenda des managers RH. Leur développement aura un impact durable sur l’entreprise, qui doit maîtriser ces nouvelles technologies», affirme Jean-Michel Caye, directeur associé senior au Boston Consulting Group.

«Le marketing employeur a toujours existé, rappelle Jean-Christophe Anna, directeur du cabinet de conseil Link Humans et organisateur de la conférence. Seulement, avant, il se limitait à une communication RH descendante, le candidat subissant l’information. Les réseaux sociaux favorisent la conversation et l’échange.» Un spécialiste des technologies peut, par exemple, entrer en conversation avec des internautes sur Twitter en discutant de problématiques liées au réseau Internet. Pour une banque, ouvrir le débat sur le développement durable permet peut-être de corriger un certain déficit d’image. «Il s’agit de proposer des valeurs aux candidats passifs», explique Jean-Christophe Anna, pour qui ce discours est aussi l’occasion de développer la cohésion interne et de «fidéliser et valoriser les employés».

Équilibre entre employeur et candidat rétabli 

Ces derniers peuvent même devenir des ambassadeurs de marque de leur employeur. «Toutes les grandes entreprises font aujourd’hui de la diversité. Sur Facebook et Twitter, en tant qu’employeur, on va être challengé par les internautes. Cela permet de montrer que nos actions sont bien réelles et d’échanger avec de vrais salariés, détaille Didier Baichère, directeur des ressources humaines France d’Alcatel-Lucent. Cela marque un vrai changement dans le recrutement : par les médias sociaux et par la conversation, nous pouvons avoir une approche plus humaine.» Cela rétablit aussi l’équilibre entre employeur et candidat. Tout comme un recruteur peut enquêter sur un candidat en explorant les réseaux sociaux, ces derniers regorgent d’informations officielles et officieuses sur les entreprises. «  Pour la première fois, les candidats disposent des mêmes outils que les recruteurs et peuvent donc en apprendre autant sur ces derniers qu’ils n’en disent sur eux-mêmes», souligne Jean-Christophe Anna.

Ce recrutement 2.0 s’apprête aussi à bousculer la vie au sein des entreprises. En effet, ces conversations font entrer dans l’entreprise «des candidats plus exigeants, dans l’entreprise mais aussi vis-à-vis de son implication dans les débats de société», note Didier Baichère. Conséquence : l’autorité peut être contestée. «Nous n’avons que dix ans pour aider nos leaders à transformer leur posture», prévient-il.