OCTOBRE 2012 : DEFICIT BUDGETAIRE ET PLANS SOCIAUX

L’actualité de la semaine écoulée (du 15 au 20 octobre 2012) est dominée par un débat budgétaire sous tension. Hausse d’impôt ou baisse des dépenses, qui paiera (le plus) pour combler notre déficit budgétaire ? Pierre Moscovici demande aux patrons de mettre fin aux mauvaises querelles. Il dit halte au « ton catastrophiste » de Laurence Parisot et pense que ceux qui attendent des réformes « ne seront pas déçus ». Et pour ce qui concerne le coût du travail, les bas salaires seront privilégiés (« en termes d’emplois et de compétitivité ») pendant que les revenus supérieurs à 1 million d’euros seront taxés à 75 %, ce qui devrait concerner 1.500 contribuables et rapporter 210 millions d’euros. Pour ce qui concerne la récente fronde des « pigeons », le gouvernement amende sensiblement ses projets initiaux sur la taxation des plus-values de cession.

Il est vrai que les agences de notation nous surveillent et que l’immobilisme ne nous serait pas pardonné.

 

Côté macro-économie, le sommet européen qui s’est ouvert le 18 octobre est consacré à l’avenir de la zone euro, dans un contexte sans pression des marchés qui se sont détendus. L’Europe n’est plus l’épouvantail des marchés. Ces derniers semblent avoir remisé leurs scénarios catastrophes. L’occasion de réfléchir à une intégration toujours plus profonde de l’Union économique et monétaire, même si Angela Merkel refuse de parler de supervision (ok pour stabiliser l’Union économique et monétaire sur le long terme, ok pour renforcer les pouvoirs du commissaire au Budget et aux affaires économiques, mais pas encore question de discuter de l’union bancaire et de sa supervision sous l’égide de la BCE). Mariano Rajoy est plus optimiste, pour l’Espagne il défendra l’union bancaire, et notamment la recapitalisation directe des établissements. Quant à François Hollande, il défend l’idée d’une Europe à plusieurs vitesses et prône un renforcement du pilotage de la zone euro : « la zone euro doit prendre une dimension politique », même si l’union politique est prématurée selon lui. Pour François Hollande, l’urgence n’est pas à l’élaboration d’un nouveau schéma institutionnel à 27 évoqué par Angela Merkel. C’est peu dire que l’union bancaire provoque des étincelles entre Paris et Berlin.

Pendant ce temps, les grecs défilent dans la rue contre l’austérité.

Pendant ce temps, Barack Obama revient dans la course d’une élection présidentielle toujours incertaine, il a rendu coup sur coup à Mick Romney les escarmouches infligées dans le premier débat. Reste un troisième débat à venir en Floride, peut être pour mettre tout le monde d’accord, même si l’Amérique démocrate des ânes et républicaine des éléphants n’a jamais été aussi radicalement divisée. Les résultats économiques montrent néanmoins une reprise fragile mais certaine de l’activité US.

En Chine la croissance restera à un niveau élevé toute l’année (le PIB a progressé de 7,4 % au troisième trimestre), même s’il s’agit d’une baisse continue. A noter tout de même que la production industrielle a crû de 9,2 % en septembre et les exportations de 9,9 % sur un an. Des chiffres qui, vus d’Europe, font rêver.

 

Côté micro-économie, les tensions s’accumulent entre Berlin et EADS, une semaine après l’échec du projet de fusion entre EADS et BAE Systems, la localisation des emplois en France ou en Allemagne  étant un sujet sensible et sujet à fâcheries.

L’équipementier américain Nike lâche Lance Armstrong une semaine après la publication du rapport de l’agence antidopage américaine (Usada) qui l’accable. Nike déplore avoir été « trompé ». Nous aussi…

Ikea France a réalisé un chiffre d’affaires en hausse de 3,2 % sur son exercice 2011-2012 arrêté en août, et va ouvrir son plus grand magasin français en 2013 à Bordeaux, puis 2 autres en 2014. Avec 29 magasins Ikea en France en 2012, l’objectif est de passer à 40 en 2020.

Dans le secteur des télécoms, le japonais Softbank va prendre le contrôle de 70 % de Sprint Nextel, 3ème opérateur américain de téléphonie, pour plus de 20 milliards de dollars. Il devient ainsi le 3ème opérateur mondial derrière China Mobile et l’américain Verizon.

En France la liste des plans sociaux s’allonge. Alcatel-Lucent supprime 1.430 postes (5.490 emplois dans le monde, soit 7 % de son effectif) et ferme son site de Vélizy. Sanofi va supprimer 914 postes d’ici à 2015, Petroplus, qui employait 470 personnes, a été liquidé mardi. E.ON entend supprimer 215 postes d’ici à 2015, Arcelor Mittal a annoncé la fermeture définitive des hauts fourneaux de Florange, PSA prévoit la suppression de 8.000 postes, Honeywell 315, MBF Technologies 181, Air France prévoit 5.122 suppressions de poste d’ici 2015, Dexia va en supprimer 312, le Crédit Agricole 850, BNP Paribas 373 et la Société générale 880. Sicli veut réduire ses effectifs des 2/3 dans l’Yonne. La crise dans le bâtiment provoquerait 96 licenciements. Enfin, n’oublions pas le volailler Doux qui est en redressement judiciaire depuis juin. La reprise partielle de son pôle frais laisse 1000 salariés sur le carreau. Ainsi, le cas de la Sernam dont les médias s’était emparé en avril 2012, n’était que l’annonce d’une déferlante …

 

Et pour finir sur une touche positive, il faut remarquer que les entreprises familiales* restent en bonne santé malgré la crise, notamment grâce à leurs exportations. Selon une étude du cabinet PwC et du Family Business Network, leur dynamisme s’explique par leur taille et par une forte internationalisation. 33 % des entreprises familiales ont une croissance de leur chiffre d’affaires supérieure à 10 %. Selon cette étude, les besoins de financement sont à 73 % assurés par financement bancaire, à 47 % par rémunération de fonds propres, 35 % crédit bail, 17 % assurance crédit, 15 % capital développement / investissement, 7 % financement par la bourse et seulement 2 % n’ont pas de besoins en financement. Les bienheureuses !

 

 Auteur : Le Petit Analyste

Synthèse d’articles parus dans Les Échos  du 15 au 20 octobre 2012.

 

*70% des ETI françaises sont des entreprises familiales. Une « ETI » entreprise de taille intermédiaire est une entreprise qui a entre 250 et 4999 salariés, et soit un chiffre d’affaires n’excédant pas 1,5 milliards d’euros soit un total de bilan n’excédant pas 2 milliards d’euros.
Une entreprise qui a moins de 250 salariés, mais plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires et plus de 43 millions d’euros de total de bilan est aussi considérée comme une ETI. Les ETI constituent une catégorie d’entreprises intermédiaire entre les PME et les grandes entreprises.